On pain / A propos de la douleur

My daughter, who is six years old, ran her first race last Sunday. She put forth a sincere effort, she reached the finish line, received her medal and instantly made off for the hot chocolate stand. It was only after polishing off her hot chocolate and a cookie that she told me she felt pain in her arm. I looked and saw a swollen patch on her forearm, as if from a hit, but she had no memory of having received one. I guessed that it probably happened at the beginning of the race, because the kids jostled each other hard when the starting gun went off. Yet my daughter ran the entire race without any notion of pain in her arm. Her perception of pain only caught up with her later, after the race (and the hot chocolate).

So how does pain work in the body, in the mind? From a survival standpoint, it is obvious why pain is helpful: if we suffer an injury, we need to devote our attention to it immediately so we can care for our body. Pain in this case functions as our helper, our motivator extraordinaire; it tells us to stop what we are doing and attend to the immediate need of the body, much like hunger and thirst do when we need food and water.

In the context of birth, pain functions as a helper too. It tells the mother to stop whatever she is doing and attend to her body. When the surges come, they require all her attention. They rise in the body, they crest and then fade; she can rest. Then the rising again, cresting and fading. It is a rhythmical movement, like the cycles of the moon, or of the seasons. Mothers instinctively look for a quiet place, a nook, a space where they can feel safe and let their body do the work. No particular effort is necessary, no voluntary contraction of any muscle; the waves rise and fall by themselves in the body. If the mother has a safe, quiet space, then her mind can rise and meet the surges in her body; she can welcome them, meet them and follow them; and rest in-between. And then, surprise. Where is the pain? The helper is gone, because it is no longer needed. Perhaps there will be just tension in the belly; pressure, or tingling. In my case, when the surges were at their strongest at my daughter’s birth, I felt like pure life was flowing through my veins. No pain at all. I just wanted to say that this is possible too.

Ma fille, qui à six ans, vient de faire sa première course à pied. C’était un bel effort: je la voyais respirer fort, tousser sur la longueur du chemin mais malgré la fatigue réussir à accélérer à la fin. Elle était tellement contente d’elle! Ayant reçu sa médaille, elle est allée prendre un chocolat chaud et un biscuit. C’est seulement après avoir tout dévoré qu’elle a commencé à avoir mal au bras. As-tu reçu un coup? Je lui ai demandé – mais non, elle ne s’en souvenait pas. Son avant-bras était dur et un peu enflé; elle avait effectivement reçu un petit choc, probablement lors du départ de la course car les enfants étaient nombreux et dynamiques. Mais elle n’avait eu aucune sensation de douleur pendant la course (ou pendant qu’elle savourait son chocolat apparemment). 

Comment fonctionne donc la douleur dans le corps, dans l’esprit? L’avantage d’une bonne perception de la douleur est évident pour la survie: lors d’une blessure, nous avons intérêt à tourner toute notre attention vers notre corps afin d’en prendre soin. La douleur est donc notre alliée, une aide précieuse. Elle nous invite à répondre à un besoin de notre corps, tout comme la faim ou la soif.

Pendant la naissance, la douleur est une aide aussi. Elle incite la maman à ralentir et à se tourner vers son corps, vers son bébé. Quand les vagues des contractions arrivent dans son ventre, elles demandent toute son attention. Les vagues se lèvent, atteignent leur sommet et fondent; la maman peut se reposer alors. Et la vague suivante arrive, se lève, et fond aussi. C’est un mouvement rythmique, tel le cycle des saisons ou de la lune. Les mères cherchent instinctivement un endroit tranquille, un espace apaisant où se sentir en sécurité et peuvent laisser leur corps faire son travail. Aucun effort n’est nécessaire, aucune contraction volontaire n’est demandée; les vagues montent et retombent à leur rythme. Si la mère se sent protégée, apaisée, elle peut se laisser fondre dans son corps. Son esprit est libre de rejoindre le mouvement de son corps, de le suivre, d’observer les vagues monter et descendre, tour à tour. Une femme tranquille peut accueillir les sensations de son corps, laisser faire le travail sans résistance, recevoir les vagues comme autant d’amies bienvenues, ou de phénomènes naturels. La maman semble concentrée, absorbée; son attention est toute à son corps. Et là, surprise. Où est la douleur? Il se peut qu’on ne la ressent plus du tout. L’assistant est parti, car la femme n’en a plus besoin. Il y aura peut-être de la tension dans le ventre, ou bien juste une pression. Pour moi, à la naissance de ma fille, lorsque les vagues étaient au sommet, je ressentais de l’énergie pure, joyeuse. Aucune douleur. Je voulais donc dire que cela est possible aussi.

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